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Trois fontaines bizarres

 

Bien que le sous-sol genevois ne soit pas particulièrement propice à la découverte d'eau minérale, on a tout de même relevé dans notre canton un certain nombre de sources de ce genre, parfois exploitées, mais la plupart du temps directement conduites aux fontaines. Lorsque l'eau des couches souterraines entre en contact avec des éléments naturels comme le fer ou des dépôts de gypse fibreux, cette eau dissout en partie les minéraux traversés et se charge de leurs résidus.

A Hermance notamment, une source ferrugineuse était connue depuis des temps forts anciens et des personnes se sont mises à récupérer et à commercialiser cette eau ferro-magnésienne, ("l'eau ferrugineuse" si chère à Bourvil dans un sketch resté célèbre), sous l'appellation "d'Hermance alcaline". L'exploitation de la "Société des Eaux d'Hermance" commencée vers 1902 s'est achevée en 1950 environ.

Au 19e siècle, les vertus des eaux curatives minéralisées connues déjà depuis la plus haute antiquité ont été retrouvées puisque des bains avaient été établis à Champel au bord de l'Arve. Là, on pompait dans la rivière de l'eau à 10° dont on remplissait des piscines; les clients allaient s'y tremper afin de soigner des affections du système nerveux, des rhumatismes ou encore des troubles digestifs !

Les vertus curatives de l'eau d'Arve à Champel-les-Bains (on trouve encore aujourd'hui quelques anciennes réclames ou affiches vantant les bienfaits de l'établissement thermal de Champel-les-Bains) avaient créé un tel engouement que le poète carougeois François Monnard en avait fait son "ex libris" :

"Qui l'eau d'Arve aimera...à cent ans parviendra !"

A la lecture de cette maxime, René-Louis Piachaud, autre poète genevois, lui répondit :
"Je préfère boire du bon vin et mourir à quatre-vingt !"
 
Au cours de différents sondages on a découvert sur le territoire de notre canton, un certain nombre de sources de ce genre, entre autres à la « Queue d’Arve », où l’eau séléniteuse a été utilisée par certains comme eau purgative ! Cependant, la présence proche de grands complexes chimiques a toujours fait planer le doute d’une contamination industrielle de ces eaux aux propriétés si particulières. En-dessous de 500 mg/l. de résidus secs, l’eau est considérée comme faiblement minéralisée (Henniez 577 mg/l.), au-dessus de 2000 mg/l., elle est impropre à la consommation (Badoit 1325 mg/l.).

Aujourd’hui, l’engouement porté aux eaux minérales alcalines tend à disparaître puisque l’on se met à vendre par mode plus que par nécessité vitale, de l’eau déminéralisée !

Les premiers essais d’eau minérale gazéifiée à Genève ont été effectués en 1793 par le pharmacien Henri-Albert Gosse et son assistant Jean-Jacob Schweppe. Quelques années plus tard Schweppe s’expatriera à Londres où il commencera à produire et à commercialiser une nouvelle eau minérale gazeuse, à laquelle il ajoutera du quinquina et de l’orange amère, baptisée « Indian tonic » ; on la connaît mieux aujourd’hui sous le nom de « Schweppes » !
 
S’il est vrai que nous vous avons plus souvent parlé du vin que de l’eau à propos de notre commune, il conviendrait honnêtement aujourd’hui de redresser la barre afin de prendre connaissance de certaines particularités de nos fontaines.

A la fin du 19e siècle lors d’un recensement, il avait été relevé le nombre important de fontaines, puits, sources et autres résurgences de notre région : un total de 120 emplacements avait été mentionné. Soit 23 fontaines et   97 puits ! La particularité de trois de ces points de résurgence est que l’eau qui en sortait était « séléniteuse ». Rien à voir avec le sélénium ou les célèbres Sélénites, (habitants de la Lune), ce terme chimique vient plus simplement de « sélénite », ancien nom du sulfate de chaux.

Notre commune, placée sur une butte de molasse et d’alluvions, est parcourue par des filons de gypse (comme on en découvre encore beaucoup dans la vallée des Usses près de Frangy) que l’on a essayé autrefois d’exploiter sous forme de carrières, entre autres derrière la colline de Choully, mais sans grand rendement ; ces essais d’exploitation sont très rapidement tombés en désuétude.

Cette eau séléniteuse, très fortement minéralisée et sulfatée était impropre à la consommation, excepté pour abreuver le bétail. Par contre l’eau de ces fontaines chargée de divers sels ou sulfures avaient la particularité naturelle de blanchir le linge en possédant les additifs ajoutés aujourd’hui dans les poudres de lessives « qui lavent plus blanc ». C’est la raison pour laquelle elles ont été utilisées pour les lessives jusqu’au début du 20e  siècle.

La fontaine de l’Avril, baptisée ironiquement   « Bourneau de la Raffe> » en raison de ses abords fangeux,   aujourd’hui disparue, était située sur la rive gauche du Nant-d’Avril, à quelques mètres seulement du croisement actuel de la route de Satigny (appelée autrefois route de Vernier) avec le nant.
Au « Bourneau de la Raffe> », où se rendaient principalement les femmes de Bourdigny et de Montfleury , la répartition parcellaire était subdivisée en un très grand nombre de terrains minuscules, qui permettaient à chaque utilisatrice du bassin de lavage de faire sécher son linge sur l’herbe, à même le sol.


La fontaine couverte de la Creuse à Bourdigny située à l’angle de la route de Champvigny et du chemin des Courtines, reconnue elle aussi pour ses vertus de blanchiment et de lessivage, était principalement utilisée par une lavandière, Madame Gaillard. Un petit bâtiment construit de l’autre côté du chemin des Courtines lui servait de buanderie et lui permettait de travailler ses lessives à chaud ; cette lingère s’occupait de la blanchisserie de divers hôtels de Genève. La fontaine de la Creuse s’est tarie (comme bien d’autres fontaines de notre commune) durant la grande période de sécheresse de l’été 1934.

L’eau de cette fontaine avait déjà été déclarée impropre à la consommation après des analyses en 1927, elle titrait 2650mg/l. de résidus sec et une forte teneur en sulfates, c’était la plus forte concentration des eaux de résurgence du canton de Genève. Après son tarissement, les bassins de la fontaine ont été vendus par la Commune (où sont ils partis ?) et, en 1938, le couvert de ce point d’eau sera à son tour démoli. Seuls aujourd’hui subsistent le squelette branlant de la petite buanderie qui devait sentir bon le « lissu » et le petit portail fermé à jamais qui permettait d’accéder à la fontaine, de l’autre côté du mur qui borde le chemin.

Choully possédait également une « fontaine à lessive » celle de Chenaz, en contre bas du versant nord-ouest du coteau de ce village. Ce bassin de lavage était mentionné sur les anciennes mappes comme étant réservé aux lessives. Il a aussi a disparu, enseveli sous les innombrables mètres cubes de terre extraits lors de l’excavation du nouveau réservoir de Choully.

Groupe de Recherches Historiques

Concession des eaux d\\'arve
 

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