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Une douane à Satigny ?

 

Pendant des siècles, de nombreux postes de péage ont jalonné les routes. Péage est de la même racine que pied (pes, pedis), le premier sens serait le droit de mettre le pied. Le mot est attesté sous la forme "paage" en 1150, péage en 1165. Douane vient de l'arabe diwan, lui-même, emprunté au persan et qui signifie : registre.

En 1858, avec la création de la ligne de chemin de fer Lyon-Genève, nécessité fut d'installer 3 bureaux de péage entre la frontière et la gare de Cornavin : à La Plaine, à Satigny ainsi qu'à Meyrin. On y dédouanait du bétail, des échalas, des engins agricoles, de la houille, du charbon... A Satigny, en 1875, le sieur Jean Baptiste Biet venait y chercher de la glycérine et de l'acide sulfurique pour sa fabrique d'explosifs, à Fabry (1). Dans un document établi en 1912 par les bureaux de douane, nous pouvons lire : "une fois par an l'acquittement d'un wagon de vin naturel destiné à un pensionnat sis à Bourdigny".

Des premiers locaux en bois (1858), le long des rails, en passant par la construction (1901) de la maison de douane située au 41, route de la Gare et jusqu'à sa fermeture en 1916 (2) se seront écoulés 58 ans. Une année plus tard, le bâtiment sera vendu à l'Etat de Genève.

Mais pendant tout ce temps que de pourparlers... Voici - en résumé - la longue et véridique histoire d'un couple franco-suisse où les démêlés n'en finissent pas entre la Compagnie Lyon-Genève acquise, en 1864, par la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) et le Département du commerce et des péages remplacé, en 1873, par le Département des finances et des douanes à propos de la construction, de l'entretien et de la fonction des maisons de péage sur le tracé du chemin de fer de La Plaine à Genève.

En 1858, une Convention est établie entre le Département fédéral suisse du Commerce et des Péages à Berne et la Compagnie Lyon-Genève.

Certains points seront continuellement sujets à controverse, en particulier ceux cités dans les articles suivants :

  • art.2 : L'installation des bureaux devra en tous cas rester à la charge de la Compagnie.
  • art.5 : La Compagnie met, sans frais, à disposition de l'Administration suisse les bureaux et magasins nécessaires (...) et prend à sa charge l'entretien de ces locaux. Par contre, l'Administration fédérale pourvoira au mobilier et paiera à l'Administration des chemins de fer une indemnité annuelle pour le chauffage.
  • art.19: L'établissement immédiat des trois bureaux : La Plaine-Satigny-Meyrin.
Voilà qui semble clair. Mais, comme tout texte est sujet à interprétation, ce sera le commencement d'un interminable échange de lettres entre M. l'Enfantin à Berne, puis M. de Lentulus, directeur du 6ème arrondissement des Péages fédéraux (Genève) et la Compagnie française.

Construction des bureaux de Péage
Par une lettre (1874) de M. de Lentulus, nous comprenons que ces bureaux sont des "baraques masures". Depuis lors, (1864) "je n'ai cessé de demander à la nouvelle Compagnie (PLM) la construction définitive des bureaux-postes, conformément aux plans définitivement arrêtés(...) en vertu de l'art. 5 de la Convention". Cette même année, une conférence à Berne tentera un accord mais, en 1875, M. de Lentulus est de nouveau à Berne et demande une inspection des lieux. Monsieur Dufour, président du Comité genevois du PLM, clame: il faut construire des bâtiments en maçonnerie !

La Compagnie reconnaît que ces baraques doivent être remplacées. De Lentulus écrit qu'il se verrait dans l'obligation de fermer les trois bureaux s'il y a refus de constructions habitables. Mais rien ne se passe puisque, en novembre 1878, De Lentulus signale toujours "le délabrement des baraques actuelles" sans doute sans chauffage. On ne peut "y faire coucher les gardes pendant la saison rigoureuse". Un espoir, toutefois, cette même année : les travaux vont commencer : "cette question des constructions, depuis si longtemps restée en suspens malgré mes réclamations incessantes et réitérées, a donc enfin trouvé la solution".

20 ans se sont écoulés et, cependant, les problèmes continueront. Dès 1886, nous trouvons, dans les correspondances, le signalement de bâtiments défectueux: pas de dépendances, pas de galetas, pas de lieux d'aisance affectés spécialement à l'usage du receveur et de sa famille. En 1887 : cave trop exiguë - fenêtres sans contrevents - cuisine sans pierre à eau - combles mal ou pas éclairés (demande de deux lucarnes) exhaussement ou agrandissement souhaités. En 1896, nous avons un devis pour l'installation de boiseries et pour des peintures à l'huile à 3 couches pour un total de 1100 F (fait à Lyon le 13 mai 1896 par le Service de la voie du PLM).

Les plans. Où sont-ils passés ?
En 1874, le 8 août, De Lentulus rappelle que des plans ont été établis pour les 3 bureaux de Meyrin, Satigny, La Plaine, et qu'ils ont été approuvés. Ces petits bâtiments se composaient d'"un petit bureau, d'une chambre à coucher pour le ou les gardes, d'une petite cuisine, d'un petit local pour bûcher et d'un petit magasin, le tout établi dans les proportions les plus restreintes". Plans établis par M. Schlemer, ingénieur en chef de la ligne Lyon-Genève. Seulement voilà ! Le 9 septembre, l'ingénieur chef de la Compagnie informe qu'il n'a retrouvé "aucune trace de ces plans, malgré les recherches que j'ai fait faire sur les indications si précises de M. De Lentulus". Perte ? Mauvaise foi ? Il faudra attendre les plans de m. Camoletti (2) (1898) et la construction en 1901 de la nouvelle douane (dépense 28.400 F).

Occupation des locaux. Bureaux ou bureaux et logement ?
Les deux parties se renvoient la balle. Genève demande un logement arguant du fait que les autres postes en ont un. Le PLM ne veut pas en entendre parler, se référant à la Convention de 1858.

En 1887, la Direction des péages ne se battra plus pour le logement de la famille qui peut être logée ailleurs moyennant une indemnité : par exemple augmenter le salaire annuel de l'employé de 150 à 200 F.

L'emplacement
Les emplacements des bâtiments de douane sont prévus dans l'enceinte de la gare. Les Maires de Dardagny et de Satigny préfèrent un autre lieu.

Voici les arguments de M. Frédéric Necker pour Satigny :

  • "une construction placée là pourrait gêner un développement ultérieur de la gare"
  • ce bureau pourrait être un obstacle au projet d'une nouvelle route qui serait "le prolongement de la route de Choully à Satigny et descendrait directement du centre de ce dernier village sur la gare. Cette route arriverait dans les environs immédiats de l'emplacement proposé (7 juin 1875).

Il faudra attendre 1899 pour qu'un terrain soit acheté pour la toute nouvelle douane. En 1899, le Département fédéral des douanes demande au PLM de remplacer les bâtiments de la Plaine-Satigny-Meyrin par des constructions nouvelles beaucoup plus importantes "avec logement pour le receveur en sus des locaux nécessaires au service proprement dit".

Bien sûr, chacun campe sur ses positions ! Pour Paris, la construction est beaucoup trop chère, et (cf la convention) "nous n'avons d'autre obligation que d'entretenir en bon état les locaux existants". Le PLM accepte néanmoins d'adjoindre aux bâtiments existants des annexes uniquement affectées aux logements. S'ensuit des propositions financières. Cette proposition ne convient pas à Satigny car il n'y a pas la place pour un agrandissement. Il faut placer le logement du receveur hors de la gare.

Nous arrivons enfin à l'achat du terrain où s'élèvera la douane. M. Charles-François Bonnet vend à la Confédération un terrain d'une étendue d'environ 400 m2 vis-à-vis de la gare de Satigny. Le 12 avril 1900, l'acte de vente est signé chez Maître Page, notaire, pour la somme de 3.200F. La construction coûtera 28.400F. Sa double fonction de douane et de logement ne durera que de 1902 (?) (construction en 1901) à 1916 date de la fermeture des douanes de Satigny et Meyrin.

Dès 1913 (3), se pose la question du maintien ou de la suppression des bureaux de Satigny et Meyrin. Le 1er mai 1916, le bureau de la Plaine devient bureau principal; ceux de Satigny et Meyrin sont définitivement fermés. Qu'en sera-t-il des "visiteurs" (employés) ? Celui de Satigny, entré dans l'administration en 1879, jugé "d'aptitudes médiocres, il ne pourra plus rendre de bons services dans un bureau de douane". Comme, toutefois, il jouit d'une bonne santé, il pourrait être occupé à de menus travaux de surveillance à l'Entrepôt de Cornavin ! (sic).

En 1917, la maison de la Douane sera vendue à l'Etat de Genève pour en faire une gendarmerie. Et, le 19 décembre 2008, la commune de Satigny rachètera le bâtiment pour 840.000F.

Cette maison, après toutes ces péripéties, ne mériterait-elle pas un certain rajeunissement ?


                                                           Pour le Groupe d'Histoire
                                                           L.Crousaz et A.Cachin


(1) p.299 "Satigny de jadis à naguère" de R. Feuardent et A. Pozzi
(2) Marc Camoletti (1857-1940), architecte (Poste Mont-Blanc, Musée d'Art et d'Histoire, Victoria Hall, Ecole des Cropettes...)
(3) voir article "Nicollet et Cie", Satigny en clair, mars 2011
Sources générales : archives fédérales, Berne

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