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Histoire de Satigny

 

Quartier de la Gare et Douane de Satigny en 1907
 

La commune de Satigny est formée de plusieurs hameaux qui ont appartenu à des seigneurs différents avant d’être réunis pour former ce qui est aujourd’hui la plus grande commune viticole de Suisse. Le centre de l’actuelle commune, Satigny, est le siège d’un prieuré qui fut, dès le début du Xe siècle, richement doté par la comtesse Eldegarde, qui lui donna en particulier le domaine de Satigny, ainsi que des biens à Peissy et à Choully. Le prieuré passe en 1134 sous la domination du Chapitre de la cathédrale Saint-Pierre de Genève avant d’être supprimé à la Réforme (1536).

Les habitants de Satigny, comme ceux de Peney et de Bourdigny, sont constitués en communautés en 1305 déjà et élisent des procureurs pour les représenter dans des tractations avec l’évêque. A la Réforme, les procureurs du village de Satigny prêtent serment d’obéissance à la ville de Genève, devenue seigneurie.

Le hameau de Choully a toujours suivi les destinées de celui de Satigny. Peney, ancien bourg fortifié auprès d’un château, placé au centre d’un important nœud de communications – on pouvait y passer le Rhône au moyen d’un bac, remplacé en 1852 par un pont –, appartient à l’évêque de Genève au moins depuis le XIIIe siècle, mais sera l’enjeu de luttes terribles entre les différents seigneurs de la région. Le château de Peney est le siège de l’administration de l’évêque, dans ce coin de pays qu’on appelle le Mandement de Peney ou la Terre du Mortier.
Le 8 juillet 1469, l’évêque Jean-Louis de Savoie accorde des franchises à ce Mandement, en même temps qu’à ceux de Jussy et de Thiez. En 1534-1535, le château de Peney servira de refuge aux partisans de l’évêque, puis sera conquis par les Genevois et démoli. Au spirituel, le bourg de Peney dépendait, au Moyen Age, de la paroisse de Peissy.

Le village et la terre de Bourdigny appartenaient en partie au Chapitre de la cathédrale Saint-Pierre et en partie à la seigneurie de Gex. A la Réforme, la ville de Genève obtint les droits qu’avait possédés le Chapitre et, en 1749, la partie qui relevait de la seigneurie de Gex lui fut cédée par la France.
Le 22 février 1536, les procureurs des communautés et paroisses de Peissy, Satigny (avec Choully), Peney et Bourdigny prêtèrent serment à la République de Genève et furent réunis, avec Dardagny et Malval, en un «Mandement de Peney», placé sous la juridiction d’un châtelain, nommé par le Conseil des Deux Cents.

Au spirituel, il fallut, dès 1538, se résoudre – faute de personnel suffisant – à regrouper les paroisses de Peissy-Peney, de Satigny et de Bourdigny en une seule. Le pasteur eut désormais sa résidence à l’ancien prieuré de Satigny.
Toutefois, les associations de communiers qui existaient dans ces anciennes paroisses pour gérer les biens communaux continuèrent d’exister et de se développer, jusqu’à leur suppression par l’édit du 17 avril 1794, conséquence de la Révolution genevoise.

En 1631, le Petit Conseil créa une nouvelle seigneurie à l’intérieur du Mandement de Peney, en concédant en fief noble à Jean Turrettini une série de terres avec l’autorisation d’y rendre la justice et de construire un château de plaisance, une maison seigneuriale, des prisons, ainsi que des bourgs, des villages, des hameaux, des moulins et d’autres installations «industrielles». Jean Turrettini y construisit le château dit «des Bois». Cette seigneurie «de Turrettin», créée pour mettre en valeur un secteur du Mandement de Peney, resta entre les mains de la famille Turrettini jusqu’à la révolution de 1792 qui établit l’égalité entre les habitants de la ville et de la campagne et supprima les droits seigneuriaux.

La Constitution genevoise du 5 février 1794 divise la campagne genevoise en quinze districts, dont les limites sont fixées par la loi. Tandis que Peney est rattaché au district de Russin, le district de Satigny regroupe les hameaux de Bourdigny-Dessus et Bourdigny-Dessous, de Choully, de Peissy et, bien entendu, de Satigny avec l’ancienne seigneurie de Turrettin (Château des Bois).

Après l’annexion, en 1798, de la République de Genève à la France, le district de Satigny conserve les mêmes limites et reçoit le statut de commune par la loi française du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), qui marque la naissance du régime municipal genevois.

Après la restauration de la République de Genève, le 31 décembre 1813, les communes de Satigny et de Russin conservèrent d’abord les limites qui étaient les leurs depuis la Révolution genevoise et furent organisées, en même temps que les autres communes genevoises, par la loi du 16 avril 1817 sur l’administration des communes et sur le Conseil municipal de la ville de Genève. En outre, un arrêté du Conseil d’Etat du 30 mai 1817 décrète que «le village de Peney et son territoire qui, pour le spirituel et les écoles, appartient à la paroisse de Satigny, cessera de faire partie de la commune de Russin et sera réuni à la commune de Satigny».

Telle est l’origine, tels sont les avatars des différents villages qui constituent aujourd’hui la commune de Satigny.

"Satigny de jadis à naguère" par MM. Feuardent et Pozzi. Ouvrage sur la commune de Satigny en vente à la mairie au prix de Frs 48.-

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