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Le Château d'eau

 

Construction du château d\\'eau
 

Nécessité, conception, naissance, vie, agonie et peut-être mort d'un "château d'eau" !

A l'époque romaine, la ville de Genève était alimentée en eau potable grâce à un aqueduc de 11 kilomètres qui amenait l'élément liquide depuis une source des Voirons. On suppose aujourd'hui que cet ouvrage a été endommagé et détruit durant les grandes invasions barbares que notre région a eu à subir, entre 200 et 300 après Jésus-Christ.

Durant plusieurs siècles, en raison de l'insécurité qui régnait à l'extérieur de son enceinte, les habitants de la ville ont dû se contenter de l'eau de quelques rares sources intra-muros et de quelques puits. Ceux de la ville haute, profonds d'une trentaine de mètres, donnaient une eau d'excellente qualité, puisque provenant de la nappe phréatique. Ce n'était pas toujours le cas pour les autres forages de 3-4 mètres de la ville basse, l'eau y était très fréquemment souillée par celle du Rhône qui servait d'égout et de cloaque, pour les habitants et les nombreuses latrines privées ou publiques dont les rejets partaient directement dans l'eau du fleuve, qui alimentait elle-même les puits les plus proches.

Il faudra attendre le 18e siècle pour voir enfin apparaître les premiers systèmes de pompage alimentant des fontaines publiques. Une machine hydraulique sera construite sur le bras gauche du Rhône à la pointe amont de l'Ile. Cette énorme machine, équipée d'une roue à palettes d'un diamètre de 8 mètres, actionnait, grâce à la force motrice du fleuve, 6 pompes permettant d'alimenter les 6 fontaines publiques alors existantes dans la ville. Cette innovation va faire apparaître une nouvelle corporation, celle des "porteurs d'eau". Ces hommes venaient remplir des brantes aux fontaines et montaient les étages des habitations afin d'alimenter les réservoirs ménagers, appelés "pierres à eau" (sortes de petits bassins en calcaire que l'on trouvait dans les cuisines).

Au début du 19e siècle, le débit de cette "machine hydraulique" devenu insuffisant en raison de l'augmentation de la population, on va devoir construire une nouvelle pompe, plus moderne et plus puissante, qui sera installée en amont de la pointe nord de l'Ile, à l'emplacement nommé encore aujourd'hui : Pont de la Machine, dont le bâtiment des pompes abrite maintenant un restaurant et divers commerces.

En 1873, un premier réservoir de 4.800 m3 sera construit sur une butte dominant Genève, au Bois de la Bâtie. L'installation de cette première réserve va permettre de distribuer de l'eau sous pression aux habitants. Malheureusement, toujours en raison de l'augmentation de la population, ce système va rapidement lui aussi s'avérer dépassé. C'est donc en 1886 que va être construit le fameux Bâtiment des Forces Motrices, équipé de 18 turbines, qui grâce à la force motrice du fleuve, vont permettre d'actionner 36 pompes.

A Satigny, si loin de la ville, c'est l'ingénieur de Peney, Ami Dériaz qui, en 1865, eut l'idée de créer et de construire une machine hydraulique sur le Rhône près de l'embouchure de l'Avril, qui permettrait à l'aide de pompes, là aussi actionnées par le courant du fleuve, de faire monter l'eau jusqu'à Choully dans un petit réservoir et de là, la redistribuer à tous les villages de notre commune grâce à la déclivité. Malheureusement, la "Machine hydraulique de Peney" s'avéra d'une puissance insuffisante pour approvisionner correctement le réservoir de Choully. Il va donc falloir construire une "pompe de relèvement" (station de pompage élévatoire) dont le petit bâtiment existe toujours, au coeur du village de Satigny.

Cette même année, on constate que, si cette fois, l'eau arrive en suffisance au réservoir de Choully, c'est maintenant ce dernier qui est trop petit. On va donc en aménager un nouveau enterré, d'un diamètre de 8 mètres et d'une hauteur de 6 mètres pour pallier à ces lacunes (cette cuve était enterrée approximativement à l'emplacement des bancs et de la fontaine du "château d'eau").

En 1910, une nouvelle conduite d'alimentation est installée par les Services Industriels afin d'amener, cette fois, l'eau sous pression du réseau de la ville jusqu'au Mandement. Un an plus tard, la machine de Peney devenue obsolète est mise hors service. Malgré ces améliorations successives, le hameau de Choully restait incorrectement alimenté en raison du faible dénivellement compris entre le réservoir et les habitations, spécialement dans les étages. La seule solution était d'établir cette fois un réservoir surélevé au-dessus de la côte 505,4. C'est en 1932 qu'un crédit de 60'000 frs est voté pour la réalisation de ce nouvel ouvrage d'une contenance de 220.000 litres et d'une hauteur de 29 mètres au-dessus du sol, afin d'offrir une pression suffisante à tous les hameaux, y compris celui de Choully.

Des divers projets présentés, c'est celui du réservoir placé sur des piliers de béton ajourés qui est retenu et construit en 1933. Il est majestueux et n'a pas coûté très cher : 50'964 frs dont 75.- pour les vitres !

Malheureusement, ce nouvel ouvrage est encore bien juvénile lorsque, seulement 13 ans après sa construction, on découvre sur sa structure externe, un phénomène nouveau et encore inconnu, la "carbonatation du béton", espèce de "lèpre" provoquée par l'affleurement et la corrosion du ferraillage servant à rigidifier et renforcer le ciment. Des campagnes de réparations importantes vont avoir lieu en 1946, 1958, 1977, 1981 et 1995.

Rien n'y fera et malgré tous ces travaux, inexorablement, la carbonatation va continuer son oeuvre. De plus, il apparaît une nouvelle fois que cette réserve de 220m3 d'eau devient insuffisante pour alimenter le réseau.

Les Services Industriels vont donc acquérir en 1999, le terrain nécessaire à la construction d'un nouveau réservoir, dont les travaux de construction vont débuter en 2005. Deux cuves enterrées d'une capacité totale de 18680 m3, soit 80 fois plus que le "château d'eau" dont nous parlons. Les Services Industriels possèdent d'autres réservoirs sur le canton, entre autres au Signal de Bernex, 36'000 m3, au Grand-Saconnex 20'000 ou à Bessinge 20'000, etc.

Le 14 mai 2008 à 15h30, la vanne d'amenée du château d'eau est fermée et les pompes de la nouvelle station mises en service. Elles sont capables de fournir un débit de 220m3 par heure, ce qui représente la capacité totale du château d'eau désaffecté ! L'eau provient aujourd'hui de la station de pompage du Vengeron, aux Tuileries, dont le débit est 800 fois plus important que celui de la vieille machine des fontaines de la ville ! Pour rester dans ls comparatifs, mentionnons tout de même que le prix de ce nouveau réservoir de Choully est 300 fois plus important que celui de son voisin de 1933 ! Cet ancien bâtiment, qui fait partie d'un patrimoine de l'époque des constructions en béton, allégé et vidé de son contenu, a été racheté par notre commune pour la somme symbolique de 1.-frs !

On se rappelle qu'à l'école primaire on nous apprenait que le point culminant de notre canton se trouvait au Signal de Bernex (502,7m) ce qui est faux puisque Choully est à 505,4 et la douane de Monniaz à Jussy à 513m. Mais on peut se consoler, car avec ses 29 mètres rajoutés...Choully reste le point le plus haut du canton ! Verra-t-on un jour une tour de 60 mètres remplacer notre colosse aux pieds d'argile toujours fidèle sur sa butte ? L'avenir nous le dira.


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